Dr. Wigand Wüster - Stalingrad, 1942
Témoignage ...

 
Voici le témoignage d'un authentique vétéran de Stalingrad !

Alors âgé de 22 ans, Wigand Wüster est Lieutenant et commandant d'une batterie d'artillerie au 171ème Régiment d'artillerie de la 71. Infanterie Division. Cette division participant à la bataille de Stalingrad du premier au dernier jour où elle était à ce me moment chargé de la défense du quartier général de la 6ème armée. Capturé le 31 janvier 1943, Wigand Wüster, restera en captivité en Russie jusqu'en 1949 ...

Vivant de nos jours aux environs de Münich, je peux vous proposer, grâce à son fils Mr Manfred Wüster,  un extrait de son manuscrit et une de ses aquarelles qui présentent les evenements qui le conduisirent devant ce monument ....


 

 
 
" ... Le bruit infernal, causé par nous était accentué par les coups secs et forts des grenades lancées vers nous. « Cessez,  cela ne rapporte rien » disait le commandant. Notre canonnade endommageait peu les édifices. « Pourquoi » demandait le commandant des tireurs, « Nous tirons rarement si bien qu’aujourd’hui » 
« Continuons le programme, comme on est tellement bien installé ici » je disais. Et on faisait ainsi. 
Après le dernier coup on sortait les obusiers du bâtiment dans un autre abri. Le Russe savait  maintenant que nous avions tiré de cette position et voudrait  démolir cette position au lendemain. A la fin nous allions sous couverture dans une cave avec un coup de vodka et une cigarette . Moi, je ne fumais presque pas, cela ne me donnait aucun plaisir, pas de jouissance, ni calmant.  Fumer, c'était un jeu de compagnie. Pour beaucoup de soldats une cigarette, avant ou après une attaque, c'était plus q’une habitude pour eux.

L’attaque sur la maison  des Russes avait échoué aussi cette fois.  Plus tard, une grande attaque avait connu plus de succès sans beaucoup de préparations. Pour nous c’était la dernière attaque avec des obusiers dans la bataille entre les bâtiments à Stalingrad.
Seulement c’était notre devoir de remporter les obusiers en position jusqu'à l’établissement de bain.
Pendant la nuit on voulait remporter le tout avec six chevaux sans que les Russes  l’apercevaient.
En tenue de bataille on précédait par des bâtiments ce qui nous donnait la  possibilité, en employant des fusées éclairantes, de marcher devant l’équipe avec les chevaux.
Le tout réussissait comme sur le plan. Mais sur le terrain de la gare, le transport avec  les chevaux 
bloquait dans la boue. Les chevaux trébuchaient entre les rails. On a vaincu tous les problèmes, mais cela coûtait un temps très précieux. Avec des canons encore moins maniables le tout serait encore plus dur.  Les expériences faites dans la dixième Batterie, en menant les chevaux ,  nous ont aidé  beaucoup maintenant et je me suis profilé comme spécialiste.
Derrière la gare le terrain descendait fortement et les chevaux ne tenaient plus. Régulièrement un petit repos et des coins placés derrière les roues. 
Au clair du jour on avait réussi. Les obusiers étaient hors de vue, entre les bâtiments et pouvaient être mis en service plus tard en toute tranquillité.
Si on n’aurait pas réussi la première fois, on serait obligé de laisser les obusiers sur place. 
En ce moment c’était la seule chose à faire, c’est à dire accomplir le recul au delà de la « fontaine fameuse » ..." 

Version originale allemande 
Traduite par Mr Omer VANVOORDEN - Un grand merci à Mr Cédric SCHEPPLER 


 
Pour retrouver la collection des oeuvres de Wigand Wüster :
© 2002 R. Lehmann
 
Pour retrouver l'autre grand symbole de Stalingrad :
Le silo à grain dessiné par Wigand Wüster à la fin de l'année 1942

Manuscrit maintenant en ligne (langue allemande mais de nombreuses photos inédites ! )





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