Rivière de Pologne et de Biélorussie qui rejoint le Narew, puis la Vistule. D'une longueur de 810 km.
C'est donc ce cour d'eau qui est choisi lors du partage de la Pologne comme nouvelle frontière entre les armées du Reich et celles de l'Union Soviétique.
Il sera donc le premier obstacle naturel devant les armées de la Wehrmacht lors de l'agression du 22 juin.

Je profiterai de cet article pour exprimer une opinion personnelle :
On a souvent lu que le retard du déclenchement de l'opération Barbarossa, prévu initialement en mai, est la cause principal de l'échec devant Moscou. Un retard du à l'opération "Marita". Pour ma part je pense, que l'invasion de la Yougoslavie et de la Grèce a surtout eu un caractère bénéfique pour l'armée Allemande.
Elle a permit à des Panzer Divisions créées depuis peu (11. 14. 16. et 18.) de connaître l'épreuve du feu. Même si leurs effectifs étaient expérimentés, l'action en nouvelle unité constituée doit être "rodée". Ensuite le butin de cette campagne fut considérable (Plus de 1000 canons, des milliers de mitrailleuses et de mortiers, un demi million de fusils ...), ce qui pour une Wehrmacht beaucoup moins équipée que l'on ne croit, constitue un apport non négligeable.
Mais je voudrais souligner un paramètre souvent ignoré, la fonte des neiges intervint tardivement durant le printemps 1941, et le Bug était en crue en mai 1941. Sachant que le fer de lance de l'offensive devait traverser cet obstacle en quelques heures, ce paramètre aurait suffi à lui seul à reporter la date de l'offensive.
Enfin ce retard a encore plus renforcé l'opinion de Staline qui ne voyait une guerre qu'en 1942 avec toutes les conséquences imaginables sur la désorganisation de l'Armée Rouge ...

La première opération,

de toute la guerre à l'Est, aura lieu sur cette rivière quelques minutes mêmes avant le déclenchement des hostilités. En effet le pont de Koden constituait le point de passage essentiel vers Brest-Litovsk.
La rapidité de toute l'opération pour le Panzer Gruppe Guderian dépendait de sa prise intacte.
C'est à un corps franc de la 3. Panzer Division que revenait la neutralisation des gardes frontières, et c'est ce qu'il fit à peine 4 minutes avant le début de la guerre.
 

Pendant ce temps, 80 km plus au nord à Drohizyn, c'est le 178. bataillon du génie qui commença à préparer un pont de bateaux nécessaire au passage du matériel et de l'armement lourd des divisions du IX. Corps d'armée. Il fut prêt à 9 heures, devenant le premier pont opérationnel pour le groupe d'armées Centre.
 

L'événement principal,

eût lieu également dans ce secteur. Mais pour le comprendre il nous faut revenir à l'été 1940.
Après la victorieuse campagne de France, les yeux d'Hitler se tournèrent naturellement vers les côtes Britanniques. L'idée d'un débarquement germa alors dans les esprits des généraux.
C'est alors que naquit le projet de mettre au point des chars qui pussent rouler sous l'eau. On devait les larguer au large, par huit mètres de fond, en face des côtes sud de l'Angleterre, et, de là, progressant sous les flots, ils auraient émergé comme Neptune de la mer, abordé les grèves plates, anéanti les mesures de protection prises de part et d'autre d'Hastings, formé les têtes de pont où aborderaient les premiers bateaux de débarquement allemands.
C'est ainsi que durant le mois de juillet 1940, on préleva sur 8 régiments de chars d'une valeur éprouvée, de quoi former 4 bataillons de blindés submersibles et on les envoya à Putlos, sur la Baltique, pour leur faire subir un entraînement spécial. Le 18 août, 48 Pz IV. et 152 Pz III. étanches sont prêts, ainsi que 52 chars flottants. Ces engins sont affectés à quatre bataillons de chars spécialisés, chacun comprenant trois compagnies de combats.
L'automne 1940 et l'échec de la Luftwaffe vit s'évanouir les rêves de l'opération Seelowe, et les bataillons d'amphibies rejoignirent les rangs. Trois furent rattachés et constituèrent le 18. Panzer régiment de la 18. Panzer Division, le quatrième fut affecté au 6. Panzer régiment de la 3. Panzer Division.
C'est ainsi que lorsque le problème du franchissement du Bug, avec la nécessité d'apporter rapidement à la tête de pont le soutient en armement lourd pour la riposte prévisible des unités russes, apparu, c'est tout naturellement que l'utilisation de ces blindés reprirent tout son intérêt.
En quelques semaines, après un entraînement dans des bassins de plongée aux alentours de Prague, les chars submersibles redevinrent des engins parfaits. Le 22 juin, ils allaient subir avec succès l'épreuve du feu.

C'est donc à 4h45,  prés de la ville de Pratouline, que s'élance le premier char, celui de l'adjudant-chef Wierschin. Puis, l'un après l'autre, les chars du 1er bataillon du 18. Panzer régiment s'enfoncent dans le fleuve, sous le commandement de leur chef, le comte Manfred Strachwitz.
En quelques heures, ce sont 80 Chars qui vont ainsi passer par le fond du fleuve frontière. C'est ce qui sauva la tête de pont puisque les soviétiques ne tardèrent pas à envoyer des autos mitrailleuses. Détruites une à une, les chars eux n'auront aucune perte à déplorer.
Le fer de lance du groupe d'armée centre peut alors entreprendre sa progression vers l'avant. Direction Minsk et Smolensk.
 

A noter que sur les 800 kms, de tous les coups de main préparés contre les ponts frontières du Bug, il n'y en eut pas un seul qui échoua. Et ce, jusqu'à celui du secteur tenu par la 72. Infanterie Division qui appartenait déjà à l'aile nord du groupe d'armées Sud.

Plus au sud, le San,

joue maintenant le rôle de frontière. C'est à la 257. Infanterie Division que revint la responsabilité de la prise d'un pont de chemin de fer aux environs de Radymno. Elle y parvint, mais le sous-lieutenant Alicke tomba devant le poste de douane défendu désespérément par les Russes; le premier mort de la division.
Les hommes déposèrent son corps à coté du poste de douane. Et débouchant de "son" pont, les canons lourds défilèrent devant lui.
Mais durant toute cette journée cette division rencontra une défense acharnée. D'abord le 457. I.R. qui dut se battre toute la journée avec les 250 élèves sous-officiers de l'école de Vizocko. Puis ce fut le 466. I.R. pris de flanc par la 199. Division de tirailleur rapidement prévenu par un système d'alarme qui dans ce secteur fonctionna.
Ce n'est qu'à la nuit tombante que cessa ce corps à corps sanglant. Enfin l'adversaire battit en retraite.

A travers champs, se hâtaient déjà les brancards, pour faire leur moisson sanglante. Une moisson d'un seul jour, d'un seul régiment. Une moisson déjà bien fournie ...
 
 

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