Situé à 350 kilomètres à l'intérieur du territoire soviétique, la prise de ce pont va constituer le plus spectaculaire coup de main des premiers jours de la guerre. Une distance supérieure à celle qui vit le Blitzkrieg s'étendre des Ardennes aux cotes de la Manche.
C'est à l'un des plus brillant stratège de l'armée Allemande, le général von Manstein, que revint la mission de la prise de cet ouvrage sur la Duna, une action décisive pour la prise de Leningrad.
On pourra toujours se désoler que le haut commandement allemand ne donne à celui qui décida du sort de la France le seul commandement d'un corps d'armée blindé.
C'est donc à la tête du LVI. Corps d'armée (mot), le fer de lance du groupe d'armées Nord, que von Manstein doit prendre ce pont avant que les soviétiques ne "pensent" à le faire sauter.
 

Le premier obstacle,

dans ce pays de forêts, incompatible avec des grands mouvements de blindés, est le grand viaduc routier de la vallée de la Doubysa, à Ariogala. Seulement, cet ouvrage est situé à 80 kms à l'intérieur du territoire ennemi, et l'échec de sa prise intacte réduirait à néant les espoirs pour Dunaburg.
Du fait du manque de place, seules la 8. Panzer Division et la 290. Infanterie sont engagées face aux premières fortifications.
Le sous-lieutenant Weinrowski, de la 7/501. I.R. tombera à la première minute de la guerre, devenant peut-être la toute première des 30 millions de victimes qui suivront. Comme lui beaucoup d'autres de la 290. I.D. tomberont dans les premières heures devant des blockhaus parfois camouflés en chaumières.
La Mitouva est atteinte et le pont est pris intacte par la compagnie du sous-lieutenant Silzer.

Enfin à 19 heures, le poste de commandement de la 8. P.D. reçoit par radio le message de l'avant garde : "Viaduc d'Ariogala occupé".
Au premier soir de la guerre, c'est cette unité qui s'est enfoncée le plus à l'Est, un bond de 80 kms ...
Mais ce premier obstacle franchit, l'objectif numéro un est encore à 270kms, est il seulement encore intact ?
 

La première bataille de char,

dans l'ensemble du front nord survint le 24 juin. En effet au cours de son avance sur la Duna, la 6. Panzer Division se retrouve face à plus de 100 chars lourds à l'est du village de Rossiény. Ce village entrant ainsi dans la légende comme l'endroit de la première crise pour la Wehrmacht sur le front russe.
Pendant des jours entiers la bataille fait rage, aidé par la 1. Panzer Division, c'est quasiment impuissant que les équipages de panzers voient avancé les géants Klim-Vorochilov, KV-1 et KV2 (un géant pour l'époque équipé d'un obusier de 152). Avec des blindages de 80mm et pouvant même atteindre a certain endroit 120mm, les obus de 37 allemands ne firent que ricocher, on releva même 70 impacts sur un KV2, aucun n'avait traversé ! Seul des tirs à l'horizontale de l'artillerie obtint des résultats, mais ce ne sont que l'expérience et l'organisation qui permirent aux allemands de surmonter la crise.
Ce n'est qu'aux premières heures du 26 juin que la victoire est remportée, le 3ème Corps blindé soviétique est vaincu, mais l'alerte fut d'importance.

Pendant ce temps la forteresse maritime de Libau tomba aux mains du 505. Infanterie Régiment après une défense aussi terrible que désespérée, digne de celle de Brest-Litovsk.
 

C'est à l'aube du 26 juin,

Que les éléments de reconnaissance de la 8. Panzer Division arrivent devant Dunaburg, après 4 jours de routes, de marais, de combats, franchissant 300 kilomètres en plein milieu de 2 armées soviétiques !
C'est alors que les équipages des chars voient passer, venant de l'arrière, quatres camions soviétiques avec des chauffeurs aux l'uniformes russes : des unités de Brandebourgeois ! C'est donc aux commandos que revint la mission de prendre les ponts, car tout surprenant que cela puisse paraittre, les russes ne les ont pas encore détruit. Le trafic s'y écoule même encore comme en temps de paix, une locomotive s'y trouve même arrêtée sur l'un. Mais il est évident que les charges explosives sont prêtes et que toute avancée de troupes allemandes suffirait à provoquer leur déclenchement. C'est donc en uniformes soviétiques et en fonçant à travers le trafic, que les hommes du lieutenant Knaac vont tenter leur mission quasi suicidaire.
Le pont routier fut pris intact, 6 hommes furent tués dont le lieutenant, 20 autres furent blessés. Ils étaient 26 à prendre part à l'attaque ...

Les dés étaient jetés, la route de Leningrad était ouverte. Toute la force de frappe soviétique était maintenant laminée ... Mais les nerfs d'Hitler et de ses généraux flanchèrent et l'ordre fût donnée d'attendre l'infanterie et ce n'est que 6 jours plus tard, que l'avance était de nouveau ordonnée.
Trop tard, beaucoup trop tard.

Et c'est en passant devant la tombe du lieutenant Knaak, située à l'extrémité nord du pont, que repri la marche sur Leningrad, mais cette fois les soviétiques étaient prêts ...
 
 

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